• Votre devise :
  • Se connecter
  • (0) Article(s) €0.00

Les arbres rencontrés dans les bois et forêts en Écosse

Écrit par: Anne
Publié: 15th July 2019

Nous savons tous combien les plantes sont vitales pour préserver l’écosystème, elles fournissent l’oxygène, filtrent le carbone, purifient le sol et sont l’habitat de la vie sauvage.

L’arbre est la plus grande espèce de la famille des plantes, il est essentiel de par sa taille et sa longévité. Il a d’innombrables rôles dont la préservation du sol, la production d’oxygène en prélevant le dioxyde de carbone et la filtration de l’air en ôtant la poussière, en absorbant les polluants, modérant les effets du soleil, de la pluie et des cours d’eau.

Nous vous emmenons découvrir les principales espèces que vous pourrez rencontrer dans les forêts écossaises.

 
 
L’aulne poisseux

L’aulne poisseux

Débutons par un arbre facile à identifier, l’aulne glutineux également connu sous le nom d’aulne noir ou aulne poisseux : un héros méconnu, un pionnier et ami de l’agriculture.

Avec sa forme élancée, ses branches étalées vers le haut, il est fréquemment composé de deux ou trois troncs qui peuvent atteindre 20 à 30 mètres de hauteur. Ses feuilles caduques sont rondes, presque en forme de cœur et dentelées. Son nom latin glutinosa provient de ses rameaux collants et résineux. Ses fleurs sont appelées des chatons : les chatons mâles sont pendants alors que les chatons femelles sont courts. L’aulne apprécie les milieux humides et on le trouve le long des rivières où il peut plonger ses racines dans l’eau.

Bon à savoir

Savez-vous que l’aulne est en symbiose avec une gentille bactérie nommée Frankia ? Cette union enclenche un processus appelé “diazotrophie” (il est alors possible de capter l’azote gazeux présent dans l’atmosphère afin de produire des substance protéiques) qui permet de fertiliser tous les sols y compris ceux qui sont stériles ou dégradés.

La salicine ou salicyline qui se trouve dans l’écorce de l’aulne est un agent anti-inflammatoire autrefois utilisé en tisane contre les inflammations et les rhumatismes. Les branches de l’aulne permettent de fabriquer des flûtes mais aussi des guitares électriques Fender telles que la Stratocaster. Il faut dire que le bois d’aulne immergé dans l’eau devient dur comme de la pierre.

Sacré pour les druides et les mages, l’aulne nous a donné des médicaments, aidé notre agriculture et nous a fourni de la musique. En Écosse, il pousse partout mais il est rare dans les Hébrides et dans l’extrême nord-ouest à cause de la déforestation. Arbre courageux et déterminé, il vit environ 150 ans.

 
Le chêne

Le chêne

Approchons nous de cet arbre majestueux, symbole de longévité et de stabilité, qu’est le chêne. Majestueux, tout comme la forme des cathédrales, inspirées par cet arbre.

Peut-être en raison de sa taille dans la canopée, le chêne est plus frappé par la foudre que ses voisins dans la forêt en Écosse. Heureusement, c’est un paratonnerre naturel !

On distingue deux types de chêne en observant le support du gland :

  • Le chêne Sessile : qui veut dire assis, les glands et leur cupule sont groupés et assis sur la brindille.
  • Le chêne Pédonculé (qu’on appelle Old English) : chaque gland et sa cupule a sa petite tige.

Le chêne sessile préfère les sols sablonneux peu profonds des montagnes alors que le chêne pédonculé se trouve dans des sols plus riches des plaines et de vallées.

Bon à savoir

Avez-vous eu connaissance de Squire of Bowthorpe qui organisa un dîner à l’intérieur d’un chêne gigantesque dans le Lincolnshire ? Cet immense arbre de plus de 5 mètres de diamètre a pu contenir 20 personnes dans une pièce façonnée à cet effet.

Le chêne a une place particulière dans le cœur des Britanniques. Vous pourrez voir de nombreux pubs baptisés Royal Oak en mémoire de ce chêne royal qui cacha Charles II des parlementaires dans le bois de Boscobel. D’ailleurs, des feuilles de chêne étaient gravées sur les pièces de six pences et shillings avant d’être remplacées par le lion britannique.

 
Le noisetier

Le noisetier

Le noisetier est un arbre endémique des îles britanniques depuis la nuit des temps ou presque (depuis au moins 11 000 ans). Le noisetier a pour fruit la noisette ou “aveline”, comestible et extrêmement nutritive. Le noisetier apprécie les sols riches. Il mesure en moyenne 8 mètres de hauteur et vit environ 70 ans, majoritairement dans un sous-bois.

Cela dit, il y a eu de nombreux cas de forêts exclusivement composées de noisetiers. Celles-ci auraient été cultivées par le passé.

Bon à savoir

Le noisetier est un bois particulièrement efficace pour la construction de maisons. On le taillait  pour la construction de murs,  de clayonnage, de torchis, ainsi que pour les clôtures. Il servait jadis dans les haies qui délimitaient les champs.

Dans les vieux bois sauvages où ils habitaient, nos ancêtres accordaient une grande valeur à la modeste noisette comme nourriture. Si bien que récemment, lors d’une fouille archéologique aux Hébrides, des piles de coques de noisettes ont été découvertes, légèrement carbonisées et brisées. Elles avaient été grillées puis ouvertes pour obtenir les noix. Cela prouve que les noisettes ont été consommées en grande quantité par nos ancêtres du Mésolithique (âge de pierre).

Dans la mythologie celtique, le noisetier revêtait une importance particulière et était considéré comme un gardien de la sagesse et un symbole de la fertilité. Lorsque les noix tombaient dans l’eau, les poissons les mangeaient. Manger le poisson était supposé transférer des capacités prophétiques au mangeur.

Dans la mythologie nordique, qui pourrait avoir influencé la version celtique, le noisetier était appelé l’arbre de la connaissance. Sur les sites de nombreux puits sacrés en Grande-Bretagne, on trouve la présence de noisetiers : le puits de calice de Glastonbury en est un bon exemple. Comme dans de nombreux pays, le bois de noisetier est utilisé en tant que baguette pour trouver de l’eau.

Si vous vouliez connaître l’avenir de votre mariage, une tradition écossaise de Halloween consistait à jeter au feu deux noisettes représentant les deux amants, en désignant une noisette pour chaque personne. Si elles s’enflammaient d’une même intensité, le mariage serait heureux. Si l’une brûlait plus fort que l’autre, les sentiments amoureux ne seraient pas égaux entre eux. Si les noisettes éclataient et s’éloignaient l’une de l’autre, on vous conseillait d’annuler le mariage !

 
Le bouleau argenté

Le bouleau argenté

Le bouleau argenté est un arbre natif d’Écosse bien représenté dans la réserve naturelle de Glencoe Wood. En Amérique, il est connu sous le nom de bouleau blanc. La seule autre espèce de bouleau trouvée en Écosse est Betula pubescens, ou bouleau verruqueux, un arbre très similaire et étroitement apparenté. Ils sont souvent confondus, mais le bouleau pubescens a une écorce plus grise contrairement au bouleau argenté qui a l’écorce blanche. Sa durée de vie est d’environ 80 ans, sauf si vous le taillez sur les premières années de sa vie, il peut alors vivre bien plus longtemps. Dans la réserve naturelle de Glencoe Wood, tous nos bouleaux sont de la variété argentée.

Le bouleau argenté est l’une des plus anciennes espèces indigènes que nous ayons en Écosse. Il existe depuis les tous premiers bois sauvages. Il est également l’une de nos espèces les plus faciles à identifier. Son écorce argentée possède des lenticelles gris foncé – lignes horizontales creusées autour du tronc. Il est l’un des premiers à produire des feuilles au printemps, d’où son adoption par les peuples celtes comme symbole de fertilité.

Bon à savoir

Comme l’aulne, le bouleau argenté aurait été l’un des premiers à re-coloniser le paysage après la dernière ère glaciaire, car il peut s’épanouir sur les terrains les plus arides.

Nos ancêtres celtes ont vénéré le bouleau comme symbole de purification. Les sorcières utilisaient des branches épaisses de bouleau pour leurs «vols» chamaniques et les jardiniers pour purifier leurs jardins en balayant les vieilles feuilles.

L’ancien mot gaélique pour bouleau est Beith, dérivé (prononcé «bey»), que vous trouverez dans de nombreux noms de lieux écossais. Il y a même une ville appelée Beith dans l’Ayrshire, qui s’appelait autrefois Hill o ‘Beith, ce qui signifie colline des bouleaux, un nom qui fait écho à une époque où la région était encore recouverte de forêts.

Le bouleau n’était pas le bois le plus utilisé, mais il faisait souvent office de petit bois pour le feu, et bien sûr pour la verge de bouleau, un instrument de torture redouté par les écoliers britanniques depuis le XVe siècle. La verge sont des branches de bouleau ficelése ensemble comme un balai miniature et trempées dans une saumure vraiment très salée. Cela rajoutait de la douleur tout en désinfectant les éventuelles plaies. Son utilisation principale étant avant tout de ramasser la poussière avant l’apparition du plumeau.

Le Birching était aussi une punition courante pour les prisonniers. Le prisonnier, fesses nues, était publiquement fouetté à sang. La dernière utilisation enregistrée de la verge de bouleau sur des prisonniers remonte à 1976, sur l’île de Man.

En dehors de tout ce comportement sadomasochiste, le bois de bouleau, abondant en Écosse, est devenu extrêmement utile pour la vie quotidienne écossaise. Le bouleau était si utile que JC Loudon écrivait dans son Encyclopédie des arbres et des arbustes de 1842 : “Les Highlanders d’Ecosse l’utilisent pour tout faire.”

Ses utilisations allaient des matériaux de construction aux meubles de maison, en passant par les manches à balais, les bobines, la fabrication du papier, les jouets et les outils agricoles. Il constituait également un bon carburant, notamment pour la distillation du whisky ou pour fumer des jambons et des harengs. Dans l’industrie du fumage, le bois de prédilection était le bouleau. Cela doit être la raison pour laquelle les harengs écossais ont toujours été les meilleurs au monde !

L’utilité du bouleau argenté ne se limite pas au bois. Son écorce était traditionnellement utilisée pour le tannage du cuir, les branches pour les toitures et les sommiers, la sève fermentée pour faire du vin de bouleau. Le vin de bouleau argenté est toujours produit par Highland Wineries à Inverness, un vin d’été vif et fruité très recherché par les aficionados. En 2018, la chercheuse Marian Bruce a lancé une nouvelle boisson alcoolisée appelée « Highland Boundary ». Cette boisson inhabituelle est faite à partir de feuilles et de bourgeons de bouleau ainsi que de fleurs de sureau.

Son écorce peut être utilisée pour traiter des affections cutanées telles que les verrues et l’eczéma. Bien que la recherche soit encore récente, les scientifiques ont découvert dans l’écorce de bouleau deux substances chimiques capables de tuer les cellules cancéreuses sans effets secondaires. Ceux-ci sont nommés bétuline et acide bétulinique. Les scientifiques ont de grands espoirs pour ces produits chimiques dans la lutte contre le cancer.

Les bouleaux les plus célèbres d’Ecosse sont les Birks d’Aberfeldy qui couvrent la vallée au sud de la petite ville d’Aberfeldy, à Perth et Kinross. Robert Burns les rendit célèbres lorsqu’il les visita en 1787. Il était tellement impressionné par leur beauté naturelle qu’il fut inspiré pour écrire un poème.

“Now simmer blinks of flow’ry braes,

And o’er the crystal streamlets plays,

Come let us spend the lightsome days

In the birks of Aberfeldy!”

Depuis lors, les sentiers traversant les Birks d’Aberfeldy sont appréciés par les randonneurs depuis 200 ans et ont acquis une renommée internationale.

 
Le mélèze

Le mélèze

Le mélèze est un arbre non-natif  d’Europe du Nord qui a été naturalisé dans le paysage écossais. Près de la cathédrale de Dunkeld se trouve un mélèze âgé de 281 ans, le dernier survivant d’un groupe de cinq, introduit en Écosse en 1738. Le duc d’Atholl a apporté les semis du Tyrol autrichien et les a plantés sur son domaine.

Commence alors une mission qui s’étend sur des générations de ducs Atholl. Les graines de ces arbres ont engendré environ 14 millions de mélèzes plantés par les ducs successifs pendant plus d’un siècle. Ces mélèzes couvraient 10 500 acres de terrain accidenté lavé par la pluie et inutilisable pour l’agriculture. Les arbres ont stabilisé le sol et fourni un habitat à la faune qui est encore en plein essor aujourd’hui.

Le bois de mélèze est extrêmement durable et possède des qualités imputrescibles qui le rendent idéal pour les utilisations marines. La Marine royale a utilisé pour la première fois un chargement  de mélèzes du duc en 1816 pour construire le HMS Atholl, appartenant à une flotte de navires postaux. Il s’est avéré être un navire digne, surpassant son navire jumeau, le HMS Neimen, qui a été fabriqué avec une autre essence de bois.

La canopée des arbres fournit une ombre légère sur le sol de la forêt qui convient aux cerfs et aux tétras. Les graines de mélèze sont consommées par les écureuils roux et par plusieurs espèces d’oiseaux, dont le tarin des aulnes, le certhiidae et la grive mauvis. Le coq de bruyère aime les jeunes cônes et les bourgeons et de nombreuses espèces de papillons nocturnes pondent sur les feuilles nutritives pour leurs chenilles. L’épervier et la palombe préfèrent le mélèze pour la construction de nids.

Certains mélèzes écossais sont atteints depuis peu d’une maladie fongique. Ce champignon se propage par les airs, ses spores atteignent essentiellement le mélèze et le chêne, on le connaît sous le nom de Phytophthora ramorum, il est mortel sans traitement curatif connu.

La réserve naturelle de Highland Titles compte plusieurs hectares de mélèzes dont un ancien bois à proximité de la rivière Salachan Burn.

Bon à savoir

Dans l’ancienne tradition européenne, le bois de mélèze était brûlé lors d’un rituel pour se protéger des mauvais esprits. Notre conseil pour faire face à tous les esprits et fantômes d’Écosse : prendre un bon bain dans une baignoire en bois de mélèze ! 🙂

 
Le saule

Le saule

Un des arbres les plus communs de nos bois et forêts d’Ecosse est le saule des chèvres ou encore saule marsault (Salix caprea). Parmi les arbres endémiques d’Écosse, on compte le saule des chèvres, mais aussi le saule gris, le saule à oreillettes (qui est plus un arbuste qu’un arbre), le saule blanc, l’osier (qui est aussi un saule), le saule odorant, le saule pourpre et la liste est encore longue.

Le saule mesure jusqu’à 12 mètres, préfère un sol humide et vit entre 150 et 300 ans.

Bon à savoir

Nicholas Culpeper dit dans son volume The Complete Herbal (1653) que «la lune est propriétaire du saule». Il voulait dire que cela était associé à la féminité. Car le mot sorcière en anglais (witch) viendrait du mot saule en anglais (willow).

La vieille chanson folklorique anglaise “All Around My Hat I Will Wear the Green Willow” «Tout autour de mon chapeau, je porterai le saule vert», fait référence à une croyance ancienne selon laquelle le saule, qui se plie sans se rompre, était un talisman de soutien. Cela nous rappelle que nous pouvons faire face à un chagrin profond et s’en remettre par l’acceptation sans nous briser sous le poids de la douleur. Le saule a longtemps été associé à la mort et au deuil et figure symboliquement dans la description de la mort d’Ophelia dans Hamlet de Shakespeare. Qui peut oublier la chanson dans Othello, alors que, persuadée de sa mort imminente, Desdemona entonne “Willow Willow” ?

 
Le pin Sylvestre

Le pin Sylvestre

C’est le roi des arbres écossais ! En 2014, le pin sylvestre a été déclaré arbre national de l’Écosse et avec raison. C’est le seul pin originaire du pays, il parvient à s’épanouir dans les climats les plus difficiles, accroché aux flancs venteux des montagnes. Il survit dans des conditions que la plupart des plantes à fleurs ne pourraient supporter. Le pin sylvestre existe depuis au moins 8 000 ans à notre connaissance et peut-être depuis plus longtemps encore.

Des recherches récentes ont montré qu’en Grande-Bretagne, le pin sylvestre a envahi un coin reculé du nord-ouest de l’Écosse en provenance d’Irlande et s’est déplacé vers le sud, avant que la mer n’atteigne son niveau actuel.

À sa base, l’écorce est gris brunâtre et se fissure en plaques avec l’âge. Il a la particularité d’être assez spongieux au toucher. Plus haut sur le tronc, l’écorce et les branches prennent une couleur rougeâtre distinctive. Le tronc est long et droit, poussant souvent beaucoup plus haut que les autres espèces de pins, jusqu’à une taille vertigineuse de 36 mètres, et peut être arrondi ou plat sur le dessus.

Bon à savoir

Un pin sylvestre âgé de 700 ans a été trouvé en Norvège. Nous ne savons pas vraiment quel âge a le plus ancien en Écosse faute d’études, et des plus âgés pourraient encore être découverts. Les arbres les plus anciens trouvés à ce jour ont environ 550 ans. Leur localisation est un secret bien gardé pour protéger leur grand âge de la folie de certains humains.

Le pin sylvestre est connu comme une «espèce clé». Cela signifie que, comme le chêne, il constitue un habitat propice au développement de nombreuses autres espèces de la faune et de la flore.

 
Le frêne

Le frêne

Le frêne est un bel arbre qui souffre et a besoin de notre plus grande attention. Le nom latin du frêne est Fraxinus excelsior et certains pensent que nous l’appelons ash en anglais parce que l’écorce est de couleur cendre qui est ash en anglais. Le tronc est gris et lisse quand il est jeune, mais il se fissure avec l’âge, formant souvent des crêtes en forme de losange. Leurs houppiers ont ce qu’on appelle une forme irrégulière ouverte. Leur forme nue présente une silhouette spectaculaire avec le ciel en arrière plan, particulièrement appréciée par des artistes tels que Constable, qui a mené de nombreuses études sur Fraxinus excelsior.

Voici deux façons de savoir avec certitude que vous regardez un frêne :

– Ils ont des ‘feuilles composées’, de 7 à 9 folioles jaillissant d’un seul bouton.
– Les plus petites branches d’un frêne poussent par paires divergentes. Les botanistes appellent cela «ramifications opposées». Il partage ce trait avec l’érable et le marronnier. À moins que l’arbre ait perdu un ou deux rameaux, vous retrouverez invariablement cette structure.

Généralement, ces arbres atteignent une circonférence d’environ 4 à 5 mètres de diamètre et atteignent environ 30 mètres de hauteur. Le plus haut frêne jamais enregistré fait presque 46 mètres. Sans intervention humaine, ils vivent entre 200 et 250 ans, bien que la taille augmente cette durée de vie jusqu’à 700 ans. Le plus grand frêne de Grande-Bretagne est le Clapton Ash. Sa circonférence est de 29 pieds (environ 8,80 mètres) ce qui est très inhabituel pour un frêne.

Bon à savoir

Le bois de frêne est très dur, mais il possède une élasticité qui le rend particulièrement durable et résistant aux chocs. Ainsi, il fait de bons manches de marteaux et de haches et est utilisé pour de nombreux autres objets comme des raquettes de tennis ou des chaises. En remontant plus loin, les Vikings l’utilisaient pour leurs lances et leurs objets porteurs, tels que les lattes de lit et les essieux de chars. Lorsqu’il n’y avait pas d’ifs disponibles, les frênes constituaient également d’excellents arcs et flèches. Il est si polyvalent qu’il a été largement recépé en Grande-Bretagne jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

 
L’if

L’if

Les ifs détiennent le record de longévité des arbres. Un chêne vieux de 500 ans est un simple bébé comparé à certains ifs. Le plus vieil if dans les îles britanniques appartient à l’Ecosse. C’est le Fortingall Yew de Glen Lyon – probablement le plus vieil arbre du monde. On pense qu’il a environ 5000 ans.

De nombreuses raisons sont invoquées pour expliquer la présence d’ifs dans les cimetières. La première est qu’ils sont toxiques pour le bétail (le bétail ne broute pas dans les cimetières). Une autre raison est qu’ils fournissaient le bois de fabrication des arcs longs anglais. En réalité, les quelques ifs restants dans les cimetières sont encore là car ils ont poussé sur un sol sacré et ne pouvaient être abattus à des fins commerciales. Étant donné que bon nombre des ifs que vous trouvez dans les cimetières sont antérieurs aux églises, il est juste de dire que l’association entre les ifs et les espaces sacrés remonte au-delà du christianisme. Les druides croyaient que l’if transcendait la mort. En fait, ils l’ont appelé l’arbre de la mort, un gardien entre ce monde et le suivant. Il est probable que les premières églises furent construites sur des sites sacrés beaucoup plus anciens qui vénéraient un ou plusieurs ifs, et les premiers chrétiens se sont appropriés leur symbologie.

Les ifs peuvent transcender la mort, c’est vrai. Les arbres matures finissent par plier leurs branches vers le sol, où elles prennent racine et forment un nouvel arbre, comme par exemple le Great Yew de Broiches, près de Kippen dans le Stirlingshire. Avec quelques siècles sans intervention humaine, ce sont des forêts entières qui peuvent ainsi grandir enchevêtrées.

Bon à savoir

La chambre intérieure naturelle produite par toutes les branches courbées est un espace serein pour passer du temps au calme. Lorsque vous considérez l’âge de l’arbre (entre 600 et 1000 ans), vous sentez que vous êtes en présence de grandeur. Il est facile de comprendre pourquoi les druides vénèrent ces arbres.

Pourtant, les ifs meurent dans des cas extrêmes. Le fameux if Selborne, âgé de 1400 ans, a été emporté par une grosse tempête en 1990. Son énorme tronc fut ensuite redressé et replacé dans le sol. Les experts espéraient voir l’arbre se régénérer car cela s’est déjà produit. Mais après six mois, la souche ne présentait toujours aucun signe de croissance. Un petit bébé if pousse maintenant près de la souche morte à partir d’une graine déposée par l’if mourant, comme si le vieil arbre voulait laisser quelque chose aux sauveteurs comme souvenir.

L’âge stupéfiant de nos plus anciens ifs a inspiré la poésie de Wordsworth, Tennyson, Plath et d’autres. Sylvia Plath a écrit “the message of the yew tree is blackness – blackness and silence” “le message de l’if est l’obscurité – l’obscurité et le silence”. Wordsworth décrit son if de Lorton qui se trouvait «au milieu de ses propres ténèbres». Tennyson, ému par la proximité de l’if à la mort, écrivit: “Thy fibres net the dreamless head, Thy roots are wrapt about the bones”, dont la traduction approximative serait “Tes branches tissent la tête sans rêves, Tes racines enveloppent les os”.

 

Et si ces images de noirceur et de mort ne vous suffisent pas, laissez-nous vous parler du «Bleeding If» dans le cimetière de St Brynach, dans le Pembrokeshire. De la sève rouge suinte d’une branche de l’arbre. La sève de l’if est naturellement rouge, ce qui est déjà étrange, mais pourquoi cet arbre particulier “saigne” perpétuellement est un mystère. Certains disent qu’il cessera de saigner lorsque les Gallois auront à nouveau leur propre monarque. D’autres disent que cela fait écho aux stigmates du Christ. Quant aux scientifiques, ils pensent qu’il existe une scission profonde dans la structure de l’arbre à partir de laquelle le sang, ou plutôt la sève, ne peut s’empêcher de s’écouler.

 

Présenté par Highland Titles

La mission d’Highland Titles est de protéger l’Écosse, un pied carré à la fois™. En vendant des parcelles souvenirs, nous finançons nos Réserves Naturelles et nos projets de conservation. Rejoignez-nous et devenez Lady, Laird ou Lord of Glencoe** , vous pouvez même dédier un arbre !*


Concernant l'Auteur

Écrit par: Anne


Commentaires sur cet article

  • Fetz Françoise
    26/07/19 - 10:34

    Bravo Anne!
    Voilà un article très intéressant sur les arbres d’Écosse.
    Savoir qu’elles sont les propriétés de ces arbres et comment ils sont utilisés m’a bien intéressé.
    Cordialement

    Françoise Fetz

    • Anne
      26/07/19 - 10:47

      Un grand merci pour vos encouragements !

Une remarque ? Merci de laisser un commentaire.