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Les Liens entre l’Écosse et la France

Écrit par: Anne
Publié: 13th November 2019

Malgré la petite taille de son pays, l’Écosse a su forger des liens à travers le monde entier un peu comme le web. Un pays qui a de fortes connexions culturelles avec l’Écosse est sans nul doute la France.

Afin de mieux comprendre la position de l’Écosse dans le monde et ses relations avec les autres pays, examinons les liens entre l’Écosse et la France.

 

Contexte historique des liens entre l’Écosse et la France

Bien entendu, les liens entre l’Écosse et la France remontent bien avant la formation des 2 pays – par les peuples celtiques puis les Normands. Mais, lorsque les historiens parlent des liens historiques entre l’Écosse et la France, le terme qui est immédiatement évoqué est « Auld Alliance » ou La Vieille Alliance.

 

L’Auld Alliance ou la Vieille Alliance

Rien ne peut rapprocher plus deux nations que la haine envers une troisième. L’Écosse et la France se sont alliées par leur intérêt commun à stopper les projets agressifs d’expansion de l’Angleterre. Mise en place par John Balliol et Philip IV de France en 1295, l’Auld Alliance fut principalement une alliance militaire et diplomatique. Toutefois, cette alliance a également créé d’autres liens –dont les échanges commerciaux entre les deux pays tel que l’approvisionnement régulier des vins français les plus renommés pour étancher la soif insatiable écossaise et l’envoi de beaucoup d’Écossais en France pour combattre « l’Auld Enemy » (Les Anglais).

Après la célèbre victoire d’Henry V à la bataille d’Agincourt en 1415, 12 000 écossais se déplacèrent en France pour combattre. À la bataille de Bauge, les Anglais furent vaincus et le Duc de Clarence fut tué. Cependant, à Verneuil en 1424, ce fut l’échec. Une armée écossaise de 4000 hommes fut anéantie sur le champ de bataille. Malgré cette défaite, les Écossais permirent aux Français de reprendre des forces et ainsi de sauver le pays de la domination anglaise.

 

Les Mercenaires écossais en France

Beaucoup d’Écossais décidèrent de rester en France. Certains rejoignirent Jeanne d’Arc (Joan of Arc) dans la célèbre libération d’Orléans. D’autres devinrent la Garde écossaise – de féroces et loyaux gardes du corps des rois français. Comme stipulé dans le traité de l’alliance, les mercenaires écossais étaient libres de s’installer en France et beaucoup choisirent de le faire. Bien qu’alors, comme à ce jour, ils se sentaient toujours écossais.

 

Le vin français en Écosse

Les soldats écossais affluaient dans un sens alors que le vin prenait la direction inverse.  En raison de cette alliance particulière entre les deux pays, les marchands écossais avaient la priorité sur les meilleurs vins – À la grande frustration des Anglais. Les vins étaient débarqués dans les ports tels que Leith et délectaient l’élite de la société écossaise.

La Réforme (qui vit l’Écosse protestante et la France catholique) réduisit nettement le commerce entre les deux pays. Mais le vin de Bordeaux trouva malgré tout un passage vers l’Ecosse – car les écossais aisés semblaient ne pas pouvoir s’en passer. Les marchands écossais faisaient encore le trajet jusqu’à Bordeaux pour rapporter leur boisson favorite jusqu’en 1670, et même plus tard après l’union des parlements en 1707, les bouteilles passaient encore en contrebande en Écosse pour éviter les taxes.

 

 

Connexions royales

La royauté française et écossaise se sont mêlées à plusieurs occasions. Citons Marie de Guise qui s’est mariée avec Jame V d’Écosse. Sa fille, Marie, Reine d’Écosse a passé la plus grande partie de sa vie à la cour de France, puis a régné brièvement en tant que Reine de France avant de revenir en Écosse et finir exécutée pour complot contre Elizabeth I.

 La France, avec qui était instauré le pacte de l’Auld Alliance, (vieille alliance) était aussi une alliée précieuse pour la royauté écossaise lorsqu’elle était obligée de fuir. Jame II, roi catholique impopulaire auprès de ses sujets protestants trouva refuge en France avec sa femme et son fils en 1688. Son fils, James Edward Stuart, surnommé the Old Pretender, resta en France pendant que la rébellion jacobite fait rage –revenant en Ecosse une fois achevée pour de nouveau retourner en France.  Les escapades de Bonnie Prince Charlie sont bien connues.

 Les Français envoyèrent 4 000 livres sterlings en pièces de louis d’or au Prince pendant le soulèvement jacobite de 1745, mais ne trouvant personne à qui les remettre, les pièces furent laissées sur le rivage du Loch nan Uamh. On dit que le reste de l’or fut enterré près du Loch Arkaig, où il pourrait encore s’y trouver. Bonnie Prince Charlie retourna en France sur une frégate française en 1746, mettant ainsi fin au rêve des Stuart de revenir sur le trône britannique.  

 Il est intéressant de remarquer que, malgré le fait que cette alliance n’a pas toujours mené à la victoire, elle a perduré. En fait, le traité original qui garantissait la double nationalité dans les deux pays n’a été révoqué par le gouvernement français qu’en 1903.

 

Quelques célébrités qui relient l’Écosse et la France

John Law

Personnage haut en couleurs, John Law était un économiste né à Edimbourg en 1671. Reconnu coupable de meurtre pour avoir tué quelqu’un en duel, il s’enfuit en France. Là, il fut nommé contrôleur général des finances. Il fonda la Banque Générale et introduisit les billets en France avant de quitter la France au bord de la faillite et de mourir sans le sou à Venise en 1729.

 

 

Sir James Young Simpson

Après une licence au Royal College of Surgeons à Édimbourg en 1830, Sir James Young Simpson obtint un diplôme de médecine en 1832 avant d’entreprendre une tournée en Europe et visiter les hôpitaux à Paris. Plus tard, il fut nommé responsable du service obstétrique à l’université d’Edimbourg, en 1847, il introduisit le chloroforme en tant qu’anesthésique. Il fut nommé médecin de la reine pour l’Écosse, fut un associé étranger de l’Académie de médecine de Paris et reçut le prix Montyon de l’Académie française des sciences en reconnaissance de ses «bienfaits pour l’humanité».

 

Robert Louis Stevenson

Stevenson, l’un des personnages littéraires les plus célèbres d’Écosse, était en mauvaise santé. En 1873, il se rendit alors dans le sud de la France pour se rétablir. Les 12 jours qu’il passa à marcher dans les montagnes des Cévennes, l’inspirèrent pour écrire son aventure “Voyages avec un âne dans les Cévennes” Ce livre est toujours apprécié et incite beaucoup de personnes à faire de la randonnée dans la campagne française.

 

Charles Rennie Macintosh

Célèbre architecte et designer écossais, né à Glasgow en 1868, Charles Rennie Macintosh vécut pendant quatre ans à Port-Vendres, dans le Roussillon en France, avec son épouse Margaret MacDonald. Alors qu’il tomba malade, il quitta le pays en 1927 et mourut à Londres d’un cancer l’année suivante. Selon ses dernières volontés, sa femme revint en France pour disperser ses cendres à Port-Vendres. Aujourd’hui, le « chemin de Mackintosh» dans le Roussillon célèbre son héritage et son passage dans la région.

 

Dr Elsie Inglis

Pionnière de la médecine féminine, ayant étudié à Edimbourg et à Glasgow, le Dr Inglis a établi des cabinets médicaux et une maternité à Édimbourg. Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, elle fonda l’organisation qui installa des unités médicales au front. La première à ouvrir fut un hôpital auxiliaire situé dans l’abbaye de Royaumont, au nord de Paris, sous les auspices de la Croix-Rouge française.

 

Arnaud Massy

On pense que le golf fut développé en Écosse à partir d’un jeu plus ancien, la chôle, qu’un groupe d’Écossais apprit en 1421 alors qu’il était en campagne en France. À la fin du 19ème siècle, de nombreux golfeurs écossais se rendaient en France pour jouer au golf au soleil. Observant ces joueurs, Arnaud Massey se découvrit une passion pour le jeu et se rendit à North Berwick pour en apprendre davantage. Il devint le golfeur le plus titré de France. Il vécut un temps à Édimbourg pendant la Seconde Guerre mondiale et est enterré dans la capitale écossaise.

 

Relations économiques actuelles entre l’Écosse et la France

Les liens entre l’Écosse et la France ne sont pas seulement historiques. Il y a également de nombreuses relations économiques à l’heure actuelle entre les deux pays. Les exportations annuelles d’Écosse en direction de la France sont estimées à 7,6 milliards d’euros au cours du second trimestre 2019 (ce qui fait de la France le troisième marché à l’exportation de l’Écosse après les États-Unis et les Pays-Bas). Cela correspond à  une augmentation de 13,6 % par rapport à l’année précédente. Les importations en provenance de la France sont évaluées à 2,5 milliards d’euros, soit une hausse de 33.2% par rapport à l’année précédente.

Bien que la France ait meilleure réputation que l’Ecosse pour ses exploits culinaires, le commerce des produits alimentaires se fait dans les deux sens. Le saumon d’élevage écossais est le plus fort marché d’exportation des produits alimentaires du Royaume-Uni ; la France ainsi que les Etats-Unis et la Chine représentent une part importante de ce marché ainsi que pour d’autres produits alimentaires écossais.

Au sujet de la nourriture, il existe aussi du commerce et des échanges de différentes sortes entre l’Écosse et la France relatifs aux plats préparés des deux pays. Vous trouverez des chefs français (et des chefs inspirés par la cuisine française) en Écosse, ainsi que des chefs écossais renommés cuisinant en France.

Le célèbre guide Michelin édité par la société française Michelin -spécialiste de la haute gastronomie – a récompensé 9 restaurants en Écosse, 8 d’entre eux ont reçu 1 étoile et le restaurant Andrew Fairly à Gleneagles en a obtenu 2.

Restaurant Andrew Fairlie à GlenEagles, langoustine rôtie sur lit de crabe

Autre point intéressant concernant les relations commerciales entre l’Écosse et la France : la France est reliée au réseau électrique du Royaume Uni, ainsi il peut y avoir et il y a des transferts d’énergie entre les deux nations.  UK/France interconnector est une interconnexion électrique de 70 km entre Sangatte (Hauts-de-France) et Folkestone (Kent-Angleterre.) Une partie de cette énergie provenant de l’Ecosse circule jusqu’en Angleterre et de là peut aller jusqu’à la France ou d’autres pays en Europe.

 

 

Liens éducatifs et culturels entre l’Écosse et la France

En plus des liens historiques et économiques entre les deux nations, il y a également de nombreuses connections éducatives et culturelles.

L’Institut Français d’Écosse

L’Institut Français d’Écosse est le centre officiel du langage et de la culture du gouvernement français. Fondé en 1946 c’est un petit coin de France au coeur d’Édimbourg. L’une de ses missions est de fournir un lien culturel et éducatif entre la France et l’Écosse. Cela facilite le développement de liens bilatéraux entre l’Agence Nationale de l’Éducation écossaise et le Ministère de l’Éducation français, ainsi qu’entre les autorités locales écossaises et les autorités régionales de l’éducation en France.

L’attaché d’éducation de l’ambassade de France au Royaume-Uni, basé en Écosse, collabore avec tous les acteurs de l’éducation écossais pour soutenir à la fois la coopération entre la France et l’Écosse dans le domaine de l’éducation et l’enseignement et l’apprentissage du français dans le pays. Cela comprend l’apprentissage dans les écoles primaires, les écoles secondaires et les établissements d’enseignement supérieur.

 

Sociétés pour l’Auld Alliance

La Société franco-écossaise d’Écosse (Franco-Scottish Society of Scotland), fondée en 1895 à Édimbourg, et l’Association Franco-Ecossaise, créée à Paris un an plus tard, sont également au nombre des organismes qui souhaitent favoriser les bonnes relations entre l’Écosse et la France et préserver l’Auld Alliance.

 

Erasmus Plus

Le programme Erasmus + de l’Union européenne pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport encourage également les liens entre l’Écosse et la France (ainsi qu’entre d’autres nations européennes). De nombreux échanges et projets culturels ont lieu chaque année dans ce cadre, bien qu’on ne sache pas encore la manière dont le Brexit modifiera les arrangements existants.

 

Déclaration d’intention dans le domaine de la culture

Culturellement, la France et l’Écosse partagent plus qu’une histoire intéressante et des relations économiques. Il existe par exemple de nombreuses affinités culturelles liées à la nourriture et aux boissons, et à des activités artistiques et musicales. En 2013, une déclaration d’intention dans le domaine de la culture a été signée par l’Écosse et la France, qui s’engageaient à bâtir sur l’histoire commune des deux pays.

Grâce à cet accord, un certain nombre de nouveaux partenariats culturels se sont déjà développés et sont en plein essor. Les compagnies artistiques nationales d’Écosse et de France, par exemple, ont développé des relations mutuellement bénéfiques. Le Scottish Ballet a également noué des liens étroits avec le Conservatoire de Paris et collabore occasionnellement avec un maître de ballet de l’Opéra de Paris. Les productions françaises sont également devenues de plus en plus populaires au Festival International d’Édimbourg.

 

Peu importe ce qui se passera à l’avenir avec l’Union européenne et le Brexit, il est clair que l’Auld Alliance est là pour durer.


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